Buena vista social club
Buena Vista Social Club à la philharmonie – 17 novembre 2009 (premier post depuis mon iphone, d’ou l’absence de dessin…)
Hier soir, autour de 19h00, alors que ma journée de travail semblait vouloir s’étaler à l’infini et que je n’entrevoyais aucune échappatoire à la cellule grise qui me sert de bureau, le destin vint frapper à ma porte en la personne de Bastien, véritable messie d’un soir, qui me proposa de l’accompagner voir le Buena Vista Social Club à la philharmonie. Une offre pareille ne se refusant pas, je laissais là mes dossiers et me précipitais en direction de la salle de concert, empli d’un sentiment mêlant joie (pour ce concert providentiel) et inquiétude (ne serait-ce pas trop commercial comme musique ?).
Quelques minutes plus tard, bien installé dix mètres au dessus du sol avec vue plongeante sur la scène (placement en loge oblige), j’observe la salle comble et me demande bien quelle sera l’ambiance là dedans dans la mesure où il n’y a pas un mètre carré de disponible pour se mettre debout et danser…
Alors que l’orchestre vient de faire son entrée en scène et que les premières notes chaudes résonnent, je me rends vite compte que mes craintes étaient justifiées. Peut être trop habitués à l’opéra ou au théâtre, les spectateurs cloués dans leurs confortables fauteuils de velours rouge rechignent à remuer et ce n’est qu’en fin de concert, grâce aux efforts combinés des artistes et de quelques courageuses du 7ème rang, qu’ils se lèvent enfin.
Pourtant la musique du Buena Vista Social Club a de quoi vous faire bouger du popotin, et pas qu’un peu ! Il n’y a qu’à voir les musiciens vétérans sur scène lorsqu’ils ne jouent pas pour comprendre : pas une seconde à rester statiques malgré des raideurs certaines (pour quelques-uns du moins). Même à rythme peu soutenu. Il y a toujours un petit quelque chose en fond (une batteries imperceptible, une mélodie chaloupée de guitare) qui vous fait battre la mesure. C’est une explosion d’énergie contenue, ici on ne sprinte pas, on travaille l’endurance.
Ne connaissant pas très bien cet orchestre (et la musique de là bas en général) c’est avec une vraie admiration que j’ai découvert la richesse du répertoire cubain. Si je reste un peu dubitatif quand aux morceaux à très forte consonance salsa, un peu lassants à la longue et trop chantés à mon goût, je dois avouer être tombé par terre à l’écoute des longues plages de jazz cubain (un jazz très chaud forcément) et des rythmiques sixties à faire pâlir ma collection de vinyles. Le sourire jusqu’aux oreilles, les solistes de renom (le discret mais indispensable Guajiro Mirabal à la trompette, le taciturne Manuel Galbán à la guitare, le très volubile Jesús «Aguaje» Ramos au trombone et le virtuose Barbarito Torres au luth), tous impeccables dans leurs costumes ajustés, communiquent sans effort à l’aide de leurs instruments et s’offrent à tour de rôle des solos à l’apparente facilité parfaitement exécutés. Quelque part cela me rappelle un concert d’Alexandre La Goya auquel j’ai eu la chance d’assister il y a une quinzaine d’années, ce genre de concert ou de veilles légendes de la musique s’éclatent devant votre regard envieux et vous donnent envie de reprendre des cours de guitare, dès fois que vous pourriez finir comme eux…
Bon, c’est pas tout ça mais j’ai bien envie d’un Mojito maintenant…
leela james
Jeudi 23 juillet.
Leela James à l’Exit07.

Hormis quelques rares exceptions (dont le fantastique disasteradio), chercher un bon concert au Luxembourg pendant le mois de juillet c’est comme chercher une oasis au milieu du désert : ce n’est pas impossible mais il faut avoir beaucoup de chance. C’est en substance ce qui m’est arrivé jeudi soir, alors même que je venais de passer la pire journée de ma vie…pour un peu j’en deviendrais mystique !
Soyons clair, j’ai beau être fan d’électro et d’indie pop, il n’y a absolument rien de mieux qu’un concert de Soul/Funky music pour se redonner le moral (cf le concert de Jamie Lidell il y a quelques mois). Tous les ingrédients y sont : rires et sourires jusqu’aux oreilles, rythmes imparables, filles sexy, amour, bling bling, danse…et quand c’est fait par des gens doués, la recette prend immédiatement.
Or donc, douée Leela James l’est indéniablement. Sa voix puissante convient parfaitement à un répertoire mêlant compositions originales et classiques souljazz et certaines personnes dans le public semblent bien disposées à lui vouer un culte (pas étonnant du reste vu que, sous son afro gigantesque, son physique rappelle étrangement les proportions des statuettes ancestrales sensées représenter les déesses : poitrine et hanches généreuses, assez petite taille, bouche pulpeuse laissant esquisser un sourire et bijoux relativement imposants)
Il faut dire qu’elle est accompagnée par un groupe exempt de toute critique : deux choristes qui dansent comme les supremes, un batteur qui me rappelle vaguement PDD, un bassiste efficace mais discret (enfin sur scène, parce qu’au moment de boire des coups on l’entend beaucoup), un guitariste qui ose les solos devant la scène et un clavier qui en impose, surtout lorsqu’il pousse la chansonnette avec Leela James pour vanter les vertues de l’amour en fin de concert.

Au final il n’y aura eu que cette reprise dispensable de No Doubt (non non, je ne déconne pas, on parle bien du groupe de Gwen Stefanie…) pour entacher la soirée. On oubliera bien vite cette petite erreur pour ne retenir que l’énergie salvatrice du concert et la bonne humeur du groupe (ceux qui sont restés au bar avec eux comprendront…)





Jarvis cocker
… le 3 juin à la Rockhal.

Pour rien au monde je n’aurais loupé cette soirée, mais vraiment rien, surtout sachant que je prenais l’avion le lendemain et que donc c’était peut être ma dernière chance de voir un de mes artistes préférés avant de mourir (les statistiques aériennes étant dramatiquement mauvaises en ce moment).
C’est donc aujourd’hui avec un réel plaisir que j’écris cette chronique, d’une part parce que le vol ne s’est pas brusquement interrompu au dessus de la mer, d’autre part (et surtout) parce que s’était un p****n de super bon concert !
Tout commence donc par un Jarvis décontracté et hyper chic, prenant son temps pour entrer sur scène et s’adonnant à un original lancé d’abricots au public (qui bien entendu se les arrache). Je ne sais pas d’où lui est venue l’idée mais en tout cas ça marche très bien. Il utilisera d’ailleurs ces moyens de séduction alimentaires à plusieurs reprises pendant la soirée lorsqu’il offrira ses bières fraîchement souillées par ses lèvres divines à ses fans (féminines) pas peu fières de pouvoir lui rouler une pelle par procuration via la canette d’aluminium.
Le début du concert ne s’embarrasse pas de fioritures et embraye tout de suite sur un rock musclé (influence de Steve Albini sans doute) mais très classe issu du dernier album (« Pilchard »et « further complication » entre autres) que l’artiste au physique de grand duduche (mais en chic) accompagne parfaitement de sa gestuelles désarticulée. Le terme « spectacle » trouve d’ailleurs ici tout son sens tant Jarvis invente des danses inédites tout en chantant (je ferai une BD spécialement là-dessus plus tard) ou se comporte comme un amuseur public de talent entre les morceaux. A ce titre, je tiens à décerner une mention spéciale à son histoire d’allergie au saxophone, surtout dans les aéroports qui jouent en boucle Kenny G.
Avec le superbe « I never said I was deep » et quelques autres titres, on retombe dans un son plus pop qui permet à Jarvis d’user de tous ses charmes envers les spectatrices. Affalé sur les baffles et les désignant une à une du doigt avec l’air de dire « toi, je t’ai repérée », il joue au crooner rock n’ roll énonçant à l’auditoire ses 4 vérités en matière d’amour. Mais dites donc, un musicien barbu chic portant de grandes lunettes et qui veut nous faire notre éducation sexuelle tout en déconnant, ça ne vous rappelle rien ? ben si, Tellier of course. Ça me donne une idée tiens. D’après vous est-ce le fruit du hasard ou y a-t-il eu influence entre ces deux artistes? si oui, lequel a influencé l’autre? (réponses dans les commentaires si le cœur vous en dit)
Après cette parenthèse « douce », les choses sérieuses reprennent avec un « homewrecker » soutenu qui lui fait enlever sa veste (comme ça il est plus à l’aise pour balancer des coups de pied dans l’air) et nous fait sauter sur place, annonciateur d’une série de tueries monumentales piochées à la fois dans l’ancien (« black magic » ahurissant en live et « Big Stuff », magnifique face B que je recherche depuis pas mal de temps déjà en 45T) et le nouveau (« You’re in my eyes », avec un sample de Glass Candy qui donne au morceau un petit air de shaft) qui nous seront distillées au cours de 2 longues séries de rappel. Finalement, le seul morceau qui me décevra un peu sera son plus connu, « don’t let him waste your time », pourtant très bon.
Bref pas un seul faux pas pendant presque 2 heures, la grande classe…
Concerts de mai en vrac
Bonjour à tous, suite à des problèmes d’accès à internet je n’ai pas pu mettre à jour mes chroniques…donc pour aller au plus vite je mets en vrac quelques dessins de bon concerts vu le mois dernier. Je récupère les textes que j’ai écrits pour certain d’entre eux, ils seront ajoutés à ce post ce week end…
To kill a petty bourgeoisie
Dqliq, le mardi 5 mai
Le mardi, j’ai toujours besoin de sortir. Plus vraiment sous l’aura du week-end précédent, trop loin du vendredi suivant…c’est le jour le plus déprimant pour rester chez soi. Je regarde donc sur mon agenda et remarque un drôle de nom, plutôt punk ( « to kill a petty bourgoisie »), et un visuel sympatoche noir et blanc…ne connaissant pas du tout ce groupe mon choix est vite fait et c’est avec le plaisir de l’explorateur sur le point d’aborder une terre inconnue que je me dirige vers la salle de concert…
Sur le chemin je ne peux m’empêcher de m’adonner au jeu du « quel style musical m’attend ce soir ? ». Bon, vu le nom, on peut écarter d’office tout ce qui est fun et coloré (Yelle et consoeurs, OUT !)…c’était facile…on peut aussi virer tout ce qui est gothique ou trop hardcore, pas le genre du dqliq de faire venir des groupes US pour ça…ça peut pas être hip hop non plus, De Lab n’assurant pas la première partie…A ce stade, je peux parier sans crainte de me tromper que la soirée sera indie rock…s’ils avaient été anglais, je me serais prononcé pour un groupe de d’jeuns à la mèche rebelle vomissant des morceaux péchus et cours, un peu hurlés (des mini bloc party en somme) mais, de par leurs origines américaines, je penche plutôt ce soir pour un groupe influencé par le post rock, avec de longs morceaux planants et peu chantés (donc des mini mogwai)…ai-je raison ? une fois la porte du bar passée, il apparaît que je ne m’étais pas beaucoup trompé.
On va oublier tout de suite la première partie assurée par Boduf songs. Amorphe (surtout son batteur) et inexpressif, on s’endort complètement. Il joue si doucement qu’on entend à peine la musique et, au bout de 3 chansons, il décide lui-même d’écourter le concert estimant qu’il y a trop de bruit dans la salle du bas et qu’on ne s’entend plus (sachant qu’en fait il n’y avait que 2 personnes qui parlaient)…bref un type pas sympa qui se la pète un peu…et dire qu’il va se marier avec Jessica bailiff, franchement c’est du gachis…
La suite est d’un tout autre niveau. Pour résumer TKAPB je dirais que ce sont des plaintes quasi celtiques, et parfois des tambours, dans une cathédrale de fer. Ma description n’a certes rien de musicale mais elle n’en reste pas moins relativement juste. Les musiciens mettent en effet l’accent sur des ambiances très fortes en imitant le bruit du vent, en usant de nombreuses pédales de distorsion, en utilisant les échos sur la voix de la chanteuse où en bidouillant des sons électro et analogiques qui nous plongent dans un univers industriel. On retrouve tantôt la même ambiance que la nuit au mont saint Michel (si vous ne connaissez pas, allez y, vous ne serez pas déçus), tantôt l’atmosphère d’usines gigantesques désaffectées. Les morceaux très longs nous entraînent de plus en plus profond, dans des contrées sombres (mais pas terrifiantes) où l’on flotte légèrement en apesanteur, comme un scaphandrier qui se laisserait couler doucement jusqu’à la dernière limite, celle où il est obligé de remonter pour renouveler son air…

boduf songs

Yacht

Hypertext


winter took his life and friends

thieves like us

the low frequency in stereo


GET WELL SOON

NLF3
le 6 mai…
Si 99,99 % du public luxembourgeois avait décidé d’assister au Warm-Up show de Depeche Mode à la Rockhal (qui était très bien, me suis-je laissé dire), les 0,1 % restant ont privilégié le concert privé d’NLF3 au dqliq (décision d’autant plus justifiée que, de toute façon, DM rejoue dans un mois à Nancy…).

Un peu éberlués du nombre restreint de personnes présentes ce soir, le public et les artistes font preuve d’une légère hésitation au début, ne sachant pas vraiment sur quel pied danser. On sent une certaine gène des deux cotés…jusqu’à ce que la très zombie zombiesque « Hurricane » arrive ! A partir de là, tout change ! Ce qu’on avait pris au départ pour de la timidité n’était en fait que la phase préparatoire d’une déflagration sonore captivante. Tels des cordons bleus de la musique électronique, l’entrée délicieuse n’avait pour but que de nous ouvrir grand les sens pour apprécier toutes les saveurs d’un plat de résistance particulièrement copieux et raffiné. Le dqliq devient alors l’écrin d’un banquet sonore gargantuesque dont on apprécie toutes les subtilités si on ose fermer les yeux. Dès lors, happés par les basses et les beats hypnotiques de la batterie, on dodeline de la tête jusqu’à ce qu’un léger vertige nous saisisse et nous force à revenir un peu à la réalité, avant de replonger corps et âme dans de beaux rêves éveillés …grisant !
L’apothéose est atteinte avec le dernier morceaux (« Ai », disponible sur le maxi echotropic), composé pour la bande son d’un film japonais. L’image qui me vient aussitôt à l’esprit est celle d’un passager, peut être en voiture ou dans le shinkansen, mais dans les deux cas de profil, collé à la vitre. On le voit rêveur et, derrière lui, défile le paysage. D’abord la campagne, calme et apaisée, parsemée de bottes de paille comme les japonais savent si bien le faire (ceux qui y sont allés me comprendront). Puis petit à petit, quelques maisons font leur apparition, d’abord basses et clairsemées, elles forment vite des hameaux de plus en plus dense et de plus en plus haut jusqu’à devenir des villes. Le voyage continue au cœur de la mégapole tokyoïte, de plus en plus profondément, de plus en plus encombrée par la foule, de plus en plus jungle urbaine. Ce n’est pas le passager qui accélère, c’est le monde autour de lui…et puis la musique s’arrête et on sort doucement du coma, accompagnés par le trio qui prend la peine de ralentir le rythme en fin de morceau afin de nous permettre une douce remontée.
Les NLF3 ont la qualité des grands chefs : ils savent s’effacer au profit de leur art tout en marquant profondément ce dernier de leur patte. NLF3 c’est du 3 étoiles au michelin musical…
Alors non, je n’étais pas au concert de DM. A un bon restaurant à la mode, que d’ordinaire j’apprécie énormément, j’ai préféré un dîner au chandelle chez l’une des meilleures tables de France…le gourmet l’a emporté sur le gourmand et croyez moi, il ne le regrette pas !












