LE SUPERFLU:Chroniques musicales pas du tout objectives

yoyoyo acapulco, casiokids and para one aux trinitaires

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D’ordinaire, je dois avouer que juste l’idée de me taper 2 heures de route pour assister à un concert à Metz suffit à calmer mes ardeurs et à me convaincre de rester au chaud au Luxembourg…Parfois cependant, un line-up alléchant réussit à me faire changer d’avis (ce fut par exemple le cas pour zombie zombie ou sparklehorse…). Ce soir là justement, la présence combinée de deux groupes norvégiens à la pop chaleureuse (yoyoyo acapulco et casiokids) et d’un performer électronique toujours aussi remuant (para one) offrait une raison suffisante de braver le froid hivernal.

L’attraction de la soirée c’était bien entendu yoyoyo acapulco. Déjà parce que je n’avais encore jamais eu la chance de les voir sur scène, ensuite parce qu’ils présentaient leur (excellent) premier album récemment enregistré en Bretagne (d’où le titre « The pleumeleuc experience »). Impatient de pouvoir confirmer tout le bien que je pensais déjà d’eux, c’est d’abord l’inquiétude qui m’envahissait lorsque, bien campé devant la scène, je constatais que la salle était quasiment vide…serais-je donc le seul à connaître ce groupe ou pire, leurs prestations serait-elles tellement nulles que le public préfère s’abstenir ? Quelques notes auront tôt fait de me rassurer : ce groupe ne souffre d’aucune critique et le son de leurs mélodies diaboliquement prenantes, tel le berger guidant son troupeau, ramena rapidement à l’intérieur les frileux des tympans restés au bar à boire leur bière.

On a beau être en plein janvier (oui je sais ma chronique vient un peu tard…) on se sent tout de suite en été, mais pas pour de vrai. Imaginez vous dans un appartement que vous auriez transformé en plage : sur les murs un poster de Hawaï, une lampe à bronzer au plafond au dessus de votre transat en toile posé dans un bac à sable, une baignoire remplie d’eau sur laquelle flotte une bouée en forme de canard, un ventilateur soufflant de l’air chaud dans les branches en plastique de votre faux palmier acheté au supermarché chinois du coin. Vous vous voyez au milieu de tout ça, lunettes de soleil vintage sur le nez et portant haut votre short de surf et votre chemise à fleur ? Si oui, alors la seule musique qui peut vous accompagner dans ce moment de pure extase kitch c’est celle de Yoyoyo acapulco. Leur pop vitaminée aux sons du ukulélé et autres instruments exotiques vous entraînera loin dans la rêverie et, comme une petite pilule euphorisante, un large sourire ne vous lâchera plus jusqu’à la dernière note. Ce groupe combine l’art de mettre l’ambiance (à l’instar de I am from Barcelona dont ils partagent le goût pour les looks inclassables et les canons à confettis) et celui de faire des mélodies indie-rock d’une fraicheur et d’une évidence absolue qu’on dirait un groupe venu d’Angleterre (personnellement j’ai beaucoup pensé aux Wave Pictures). En 2 mots comme en 100 : c’est top.

certaines y voient un épi de maïs…pour ne pas dire autre chose…

Je pensais que Casiokids était la tête d’affiche de cette soirée…à priori je me suis trompé. Encore une fois la salle n’est pas aussi pleine qu’elle le mériterait. Le groupe nous offre pourtant un show plus que convainquant ! Bien meilleurs sur scène que sur disque (enfin c’est mon avis), l’énergie est telle qu’on se sentirait presque branchés directement à leurs instruments. C’est d’une efficacité redoutable et on danse jusqu’à la fin. Très très funky, ce groupe aurait vraiment sa place sur DFA entre The Rapture et The Juan MacLean.

petit set bien sympa d’un dj du cru

Pour Para One la chapelle des trinitaires a brusquement vu as fréquentation doubler…c’est donc lui que tout le monde attend ! Vu le public, beaucoup moins pop qu’auparavant, ça promet d’envoyer méchant, surtout connaissant les sets plutôt violents du bonhomme. Présageant des lésions irréversibles à nos oreilles (consentantes), nous nous armons donc de bouchons auditifs et nous plaçons en fond de salle près du (mini) bar. Le set commence bien, tout en douceur, et se déroule petit à petit, prenant doucement de l’ampleur. Para One assure en bon professionnel qu’il est, métamorphosé sous les traits d’un barbu bobo portant des chemises coupées qui ressemblent à du Agnes B (mais je suis pas monté sur scène pour vérifier)…perso je trouve ça bien classe. Un gros problème vient cependant très vite me gâcher le plaisir : le volume du son est beaucoup trop bas (on arrive à s’entendre devant la scène). Je sais bien qu’il y a des normes acoustiques à respecter mais quand même, on vient ici pour en avoir plein les oreilles, pour être littéralement porté par le son, pour avoir les basses qui vous font vibrer la colonne vertébrale ! Dans le cas présent cela n’a pas été du tout le cas. Si on ajoute à cela un set programmé beaucoup trop tôt (quoi que vu l’état de défonce de certains membres du public on peut se douter des raisons d’un tel choix) et une impossibilité de boire la moindre binouze pour cause de retour en voiture, on comprendra que les conditions n’aient pas été réunies pour rester jusqu’à la fin.

Rédigé par bgael

mars 4, 2010 à 10:42

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